mardi 8 janvier 2019

Le Grand Cormoran

C'est le deuxième hiver que je repère des grands cormorans à l'étang de la Gardette non loin de la maison. Ce fut un grand étonnement pour moi la première fois. Jusqu'alors, je n'y avais vu que des hérons cendrés.
L'étang est une étendue d'eau douce créée pour une réserve de pêche; il est entouré de vieux arbres morts qui constituent des reposoirs très intéressants pour ces oiseaux et pour l'observation qui en est facilitée.



Début novembre je les ai repérés au nombre de 6 spécimens et ne les verrai plus durant tout l'été. Ils s'en iront au printemps.
En effet, la France accueille ces oiseaux migrateurs et hivernants dont la provenance est très variée. Je ne sais donc pas d'où ils viennent.
Le grand cormoran 
"a une répartition mondiale, excluant l'Amérique du Sud et l'Antarctique.
Il existe 2 sous-espèces en France : l’une plutôt marine de l'Atlantique nord et l'autre qui préfère les eaux douces (dulçaquicole).
En Europe, c’est un nicheur littoral qui se rencontre sur la façade atlantique de la Bretagne à la Laponie en passant par l’ensemble des Îles britanniques.
En Méditerranée, les colonies de reproduction sont beaucoup plus rares et plus récentes. On a assisté depuis des siècles à un déplacement des aires de reproduction."(1)
Oiseaux très grégaires, vivant en groupe ou colonie, ils ont trouvé ici un lieu regroupant dortoir et zone de nourrissage. Ils pêchent dans des milieux de faible profondeur en plongeant. Cet étang est un endroit idéal d'autant que les pêcheurs ne sont pas si nombreux. La réserve de poissons doit être suffisante pour y passer l'hiver.
                                                
                                   

Le Grand Cormoran est un oiseau d'eau palmé d'une envergure de 1,5 mètre. Sa tête est jaune avec des joues et bec blanc. L'adulte a un plumage noir. Les jeunes ne deviennent mature qu'à l'âge de trois ans et portent un plumage taché de blanc au cou et au plastron.
adultes

 immature

 
J'ai vu celui-ci le 22 février 2018 portant sa parure nuptiale constituée de toutes petites plumes blanches autour du cou et sur la tête. On aperçoit aussi des taches blanches sur les flancs, en haut des cuisses. Ces transformations corporels jouent un grand rôle dans le comportement sexuel.

Sous cet aspect, on peut le confondre avec le Cormoran huppé plus petit et qu'on ne trouve qu'en milieu marin.


















 On voit souvent les grands cormorans les ailes déployées.
vu en Camargue

Plusieurs interprétations ont été données pour expliquer ce comportement: (1)
  • séchage des ailes, ce qui est peu vraisemblable,
  • posture assurant à l'individu qui l'adopte un certain « espace libre » autour de lui, 
  • signal annonçant aux autres individus une pêche fructueuse, 
  • mécanisme de thermorégulation permettant à l'oiseau d’utiliser la chaleur dégagée par la contraction des muscles alaires,
  • meilleure digestion des proies en milieu froid.
Statut.
La « sous-espèce » littorale est entièrement protégée. 
La « sous-espèce » continentale est susceptible de régulation, sur les plans d’eau douce comme sur les rivières. Des quotas sont fixés par le ministre pour chaque département et ces opérations sont suivies par une commission départementale placée sous l’autorité des préfets.(1)

vol de grands cormorans

(1) Bibliographie : https://inpn.mnhn.fr/docs/cahab/fiches/Grand-cormoran.pdf

mardi 30 octobre 2018

Les Pouillots

Les Pouillots forment une famille importante d'espèces de petits passereaux.
Ces espèces se répartissent selon les régions du monde, mais en France on peut rencontrer les 3 sortes de pouillots les plus communs même s'ils ne se laissent pas aisément observer. 

Le Pouillot fitis.


C'est le Pouillot le plus commun d'Europe avec le Pouillot véloce, dont il se distingue peu.
 
De la taille d'une mésange bleue, son corps est élancé à fin
Il a le dessus du corps olive, le dessous jaune pâle mais l'élément distinctif indiscutable de leur plumage est leur sourcil jaune contournant le dessus de l'œil (critère commun à tous les pouillots).
Il a un bec et des pattes de couleur claire tirant sur l'orangé.


Il vit dans des milieux boisés, bosquets, parcs et jardins touffus. Il s'y nourrit d'insectes chassés pratiquement au sol, sous les feuilles. Avant la migration du printemps, il apprécie un régime de fruits.

 
 

Visiteur de l'automne au printemps dans les régions méridionales, il revient des régions plus septentrionales où il séjourne en été.
Celui-ci s'est arrêté le 9 septembre. Nous fera-t-il le plaisir de résider chez nous cet hiver?


 








Le Pouillot véloce.

Très semblable au Pouillot fitis avec qui on le confond aisément, 
il se présente toutefois avec un corps un peu plus rondelet.
 

Son plumage est plus terne: gris vert, brun olive sur le dessus,
le dessous est plus gris clair à beige, blanc; c'est selon l'époque et son âge.
Son sourcil clair est aussi présent mais moins long.

Le contour de l'œil est bordé en partie basse par un liseré blanc bien net.
Ses pattes sont noires. Ce qui le différencie du Pouillot fitis.









Ses lieux de vie et sa nourriture sont semblables à ceux du Fitis. 
Sa zone de répartition est toute l'Europe mais il migre dans le bassin méditerranéen où il hiverne.
Sa présence a été repérée chez nous le 18 octobre.


Son cri est très reconnaissable par un "huit" très sonore.
Celui du fitis est semblable mais plus saccadé et coupé en 2 syllabes "hu-it".

Le Pouillot siffleur

Ma première rencontre avec le pouillot siffleur a eu lieu le 13 août dernier, surprenant par ses couleurs vives. Ne s'observant généralement que dans les bois, celui-ci a profité de la baignoire d'eau du jardin destinée aux oiseaux.
Rien de tel qu'un bon bain et de boire à satiété par cette canicule!
 

C'est le plus grand des pouillots avec ses longues ailes.

Mais les distinctions d'avec les autres pouillots sont :
  1. son long sourcil jaune brillant au dessus de l'œil,
  2. la bande vert foncé qui lui barre l'œil, parallèle au sourcil jaune, 
  3. et les joues et la gorge jaunes.

Le dessus du dos est jaune olive et le dessous est blanc généralement.

Exigeant un habitat de feuillus, il fréquente les forêts de grands hêtres et de vieux chênes.  Il y construit son nid au ras du sol.
Comme tous les nids de pouillots, c'est une construction en forme de niche avec un trou d'envol latéral, camouflé dans les hautes herbes et les feuilles.


Ce pouillot migre en automne en Afrique équatoriale. Il revient dans son aire de reproduction en avril ou en mai dans toute l'Europe (sauf l'Espagne et le nord de la Scandinavie).




























jeudi 10 mai 2018

Chardonnerets élégants

Le Chardonneret se dit élégant! Paré de ses couleurs vives et variées, il se remarque aisément.
Sa tête est cerclée de rouge avec un masque de Zorro sur les yeux. Ses joues et sa gorge sont blanches et le dessus de la tête noire. Bref tout pour se faire remarquer. Comme cela ne suffit pas, ses ailes revêtent des plumes noires barrées d'un jaune éclatant. Il ne peut être confondu avec les autres fringillidés de sa même famille : linotte mélodieuse, tarin des aulnes, verdier d'Europe.

 En vol, on peut l'identifier grâce à son chant mélodieux ressemblant à de fines vocalises flûtées.




Son régime alimentaire est essentiellement composé de graines issues des plantes des champs; notamment le chardon (dont il tient le nom), le pissenlit et autres plantes sauvages. Son gros bec pointu lui permet d'en extraire les graines.









Il se montre donc dans les sites riches en plantes sauvages et arbres fruitiers. Pour l'attirer chez soi, il suffit de lui accorder quelques surfaces non tondues au début du printemps dans son jardin.
Son espèce reste fragile et dépend de la qualité de son habitat.
Du fait de la diminution de ces espaces de verdure de qualité, le chardonneret élégant s'est peu à peu rapproché des habitations et est devenu un hôte familier régulier des jardins. L'hiver il apprécie la présence de mangeoires garnies de graines ou les boules de graisse.




Au retour des beaux jours, on le laissera redevenir autonome à la recherche de sa nourriture. Dans les contrées chaudes comme chez nous, on lui mettra toutefois à disposition une bassine d'eau où il n'hésite pas à s'abreuver.
 

 C'est un oiseau sociable qui se mêle aisément à d'autres passereaux. Sur la terrasse de la maison, il se mêle à une bande de tarins des aulnes.
 


Au moment de la période de nidification, il passe au régime d'insectes dont il nourrit ses petits. Il passe ainsi plus inaperçu. 
Son nid est édifié sur un arbuste dans une haie et est constitué d'herbes sèches formant une coupe. Il n'occupe pas les nichoirs. La femelle pond en général 5 oeufs qu'elle couve seule pendant que le mâle s'occupe de la ravitailler. Les oisillons prennent leur envol au bout de 2 semaines.



Les juvéniles se reconnaissent bien même s'ils n'arborent pas les couleurs éclatantes au niveau de la tête.



Sédentaire en France, il hiberne généralement  sur son aire de nidification quand le climat y est supportable.

Même s'il semble présent partout avec des populations nombreuses, le chardonneret élégant est protégé en France et reste vulnérable.

 A nous de lui proposer un environnement adéquat dans nos jardins.
 



























jeudi 19 octobre 2017

le Gobemouche noir

Je ne vois ce petit passereau qu'au moment de sa migration en avril ou en septembre. Se reproduisant à l’ouest, au nord et au centre de l’Europe, il choisit notre région pour ses haltes migratoires.

Cette année, j'ai pu en observé un (ou plusieurs car rien ne m'a indiqué que ce soit le même spécimen) pendant plusieurs semaines du mois de septembre. Chaque matin, il venait boire à l'abreuvoir des oiseaux et chasser.





C'est un petit oiseau noir et blanc. Le dessous du corps est blanc ou beige et le dessus foncé. Mais la distinction essentielle est le noir et blanc de ses ailes et sa queue toute noire. Il se distingue en cela du gobemouche gris.
Je ne le verrai jamais noir et blanc car ce sont ses couleurs nuptiales. Il se présente après la saison des amours dans des tons de brun plus ternes.


Il fréquente les forêts de feuillus ou les forêts mixtes, les vergers de plein vent, les parcs. Cet oiseau n'aime pas les sous-bois touffus et préfère les sols dégagés et herbeux sous les arbres, ce qui facilite sa chasse aux insectes.
Mais il préfère les chenilles, les coléoptères et les mouches qu'il trouve posés au sol. En outre, les araignées et les mollusques fournissent un appoint non négligeable à son alimentation. Au début de l'automne, il consomme également les baies des arbustes.

Il n'est donc pas étonnant qu'il s'approvisionne à la maison à cette époque avant le grand voyage vers le sud saharien où il passe tout l'hiver.
09/2019 


09/2019 

09/2019 

09/2019 

Le Gobemouche noir a des populations stables et cette espèce est commune dans la majeure partie de sa distribution.
Les nichoirs artificiels peuvent faire augmenter la densité quand les cavités naturelles manquent ou sont rares. Des augmentations de population sont souvent observées, beaucoup plus que des déclins.  Cette espèce n’est pas menacée actuellement.



jeudi 12 janvier 2017

Les Guêpiers d'Europe

Depuis quelques temps, j'entendais parler de l'existence de ces oiseaux sur notre territoire. Il était dit que l'on pouvait en observer non loin de notre village. Mais, il fallait bien repérer les endroits où ils reviennent chaque année pour nicher. Chose pas si simple puisque ces oiseaux migrateurs n'apprécient que des reliefs bas constitués de berges sablonneuses où ils creusent leur nid en galerie.
Ce type de géologie ne se trouve pas partout. Leur situation m'a amenée à parcourir des lieux que je ne connaissais pas encore et fait découvrir de jolies promenades.

C'est donc à plusieurs battements d'hirondelle, que j'ai découvert plusieurs sites de nidification en ce début de mois de juin 2016.
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Ils avaient dû migrer depuis quelques semaines. Après un long périple dangereux, revenant d'Afrique où ils hibernent, ils se réinstallent dans ces zones cultivées et spacieuses. Ils y trouvent le gîte, et une alimentation constituée d'insectes ( abeilles, guêpes, frelons, papillons...) qu'ils chassent autour des fruitiers. Leur vol gracieux mais rapide leur permet de capturer tous les insectes en vol.
C'est ainsi que je les ai repérés; mais aussi par leurs cris qu'ils émettent tout en voulant.


















Dès leur retour, ils réhabilitent ou creusent un nouveau nid sur le site de l'année précédente du mâle.
Ils peuvent enlever 7 à 12 kg de terre pour  faire la galerie qui mène au nid. Le terrier mesure de 70 à 150 cm de long.    
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 La femelle dépose 4 à 10 œufs à un ou deux jours d’intervalle. L’incubation dure 20 jours. Les 2 parents couvent à tour de rôle, ce qui leur permet d'aller s'alimenter.Les poussins naissent aveugles et sans duvet. Ils s'envolent 1 mois après la naissance mais restent dépendants des parents pour la nourriture pendant 3 semaines supplémentaires.














Le Guêpier d’Europe est commun localement et largement répandu dans la majorité de sa distribution.
Toutefois, comme tous les oiseaux et animaux, ils subissent certaines menaces.

Menaces :
L’usage des pesticides réduit les populations d’insectes, les canalisations des cours d’eau suppriment les rives sableuses et donc les sites de nidification. Ils sont également dérangés par les développements  humains.  Mais l’espèce n’est pas menacée pour le moment.

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